Puisqu’on ne pouvait la prendre comme une flamme sans ailes, elle s’est transformée en volute blanche. Elle lévite sur la surface de la terre chargée de houille pour la fertiliser de la chaleur de son corps devenu songe. Le charpentier lui a construit un cadre carré dont elle n’occupe que la moitié. Mais il me faut rester debout pour accompagner le père, la mère et le bébé. C’est donc à hauteur d’yeux que j’irrigue la terre pour que nous puissions faire poindre le premier jour après la fin des siècles, aux couleurs d’arc-en-ciel du cahier de moleskine.
mer
mercredi 4 novembre 2026
mardi 27 octobre 2026
samedi 24 octobre 2026
vendredi 16 octobre 2026
Polux est confectionné sur une base de bouchons de liège enguirlandée de brins de laine. Le grain de café qui lui sert de truffe est soigneusement ajusté sur la périphérie d’une balle de ping-pong figurant sa tête. Cette construction que l’on imagine figée par les lois de son achèvement est appelée à se transcender au fil des années. Ainsi la balle de ping-pong alourdie et dédoublée sous la poussée d’une nature habile, tombe naturellement dans un décolleté comme les boules dans les filets latéraux du 8 pool, libérant l’espace pour l’éclosion d’un visage à la douceur de pivoine, encadré des brins de laine qui se sont bouclés dans l’évaporation de la rosée des printemps. C’est derrière ce rideau de brume que le grain de café, comme l’œil du turbot, a patiemment cheminé jusqu’au creux des omoplates. Les bouchons de liège sont devenus les semelles massives d’escarpins légers que l’on désangle l’été, face à la mer, sur l’entonnoir de sable délimité par des éboulements de bunker.
dimanche 11 octobre 2026
La volupté qui prend sa source au cœur de la nature sauvage poursuit son cours dans les festivités paysannes, irrigue les marchés des bourgades et gagne ainsi le cul des grandes villes en cheminant patiemment entre les berges des rivières ensoleillées de picotements. C’est en remontant la Lys puis la Deûle que finissent par apparaître, dans les anciennes zones marécageuses de la cité, l’évocation exacerbée jusqu’à la courge des gousses d’ail de Locon. Enveloppées d’un coton imprimé de Provence, elles poussent leurs tiges hors des échancrures pour attraper dans leur filet, les papillons du soleil mexicain qui les nappe d’un vernis doré. Ailleurs, c’est le trait de pinceau de la chicorée qui converge les mille facettes du regard drosophile pour les détourner d’un épiderme marqué de disgrâce assorti à la teinte du blazer.
vendredi 9 octobre 2026
Ceux qui comptaient s’amuser à Verlinghem au lendemain de la pluie d’orage sont déçus. Ils s’imaginaient que la flaque d’eau au pied du toboggan géant ne serait pas un problème, qu’il leur suffirait de la survoler le dos parallèle au sol, dans un élan de Fosbury facilité par la vitesse accumulée lors de la descente. Mais ça ne fonctionne pas car ça ne démarre pas. Les jambes nues demeurent collées aux lattes de bois qui ont bu tout l’orage et il faut pousser à bout de bras pour avancer comme une limace dans un couinement sans gloire. C’est d’autant plus dommage qu’elle fut rêvée cette cambrure avec sa bosse au milieu qui aurait dû soulever l’intérieur du ventre. Ce ne sera pas possible aujourd’hui car le soleil ne semble pas assez vif pour évaporer la pluie prise dans les fibres du bois Comment donc fait Paola pour glisser jusqu’au bout de ses souliers à semelles de bois ?
mardi 29 septembre 2026