mercredi 15 avril 2026

Impossible de souffler le visage menaçant derrière l’écran, même avec un flingue qui a le recul d’un bazooka. Cette représentation n’est certes pas la réalité mais l’image qui est diffusée au travers de l’écran n’est séparée du monde réel que par l’épaisseur d’une vitre. En pressant la gâchette à coups répétés jusqu’à ce que des flammes sortent du canon, de la poudre blanche finit par sortir de la bouche du type comme d’un sac de farine percé. On croirait de l’alumine ou un autre résidu de la combustion cathodique, signe que la machine est endommagée. Le maudit rictus, lui, continue de s’élargir à la mesure de notre faiblesse. Comment en sommes-nous arrivés là ? Il y avait auparavant ces deux engrenages gris qui s’emboitaient à merveille pour dessiner une image cohérente bien que vraisemblablement trompeuse. L’un des engrenages a viré au vert et l’autre au rose. Cette anomalie est le symptôme d’une dérégulation des couches inférieures qu’il faut juguler. C’est la conséquence d’une manipulation profonde qu’il faut déjouer. Toute cette panique donne soif et il est urgent de rejoindre le studio. Quelque chose cloche dans la boîte à clefs. Les serrures ont dû être modifiées. En effet, il s’avère que le studio est désormais cohabité par un français plutôt affable mais très grand, ce qui limite considérablement l’espace vital du logement. La cuisine commune est l’évidente solution de repli mais c’est à cette heure que s’y réunit la famille polonaise. Le corps nu dissimulé dans une couverture beige, mon séant sera sans doute apparent lorsque je remplirai mon verre d’eau au robinet de l’évier, mais c’est un moindre mal et la famille peut regarder la télévision sans en faire mention.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire