lundi 18 mai 2026

Je pars sur l’île à la recherche du morceau de récit qui manque à mon histoire. Je fais en sorte que mon excursion puisse couvrir une partie de jour et de nuit afin d’en tamiser toutes les minutes car c’est dans la saveur du temps que réside la clef. Je me sais parmi d’autres personnes sur le bateau mais je ne garde aucun souvenir de présence humaine dans les paysages que je traverse. Sur la gauche, une guirlande d’ampoules illumine le ponton d’une ginguette déserte. De retour sur le continent, mon séjour sur l’île est effacé de ma mémoire, si bien que je dois y retourner sans cesse. Un égarement s’est invité dans cette errance rituelle lorsque j’ai emprunté un bateau qui m’a transporté dans la direction opposée. Au large de Camaret, des oiseaux de mer sont étendus sur le plat d’une borne jaune rayée de rouge. Cette image ressemble au symptôme du matin à naitre, juste avant que le soleil ne se hisse hors des flots. Personne ne sait mes escapades. Ils peuvent juste constater qu’un jour je suis là et que l’autre je n’y suis pas. Le trou dans mon histoire engendre des pointillés dans la leur. C’est ainsi que les vides se transmettent.

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