La fusée de Tintin suscite les quolibets de nombreux ingénieurs de l’aérospatiale. Elle fut pourtant très bien imaginée. Car on ne peut pas tout miser sur la poussée des gros mollets au risque de voir la fusée retomber sur son séant dans un vacarme de milliers de tonnes de poussée de combustible. C’est la raison pour laquelle la fusée de Tintin est à ce point fuselée des chevilles jusqu’au bout du nez, avec une harmonie du trait qui a fait la réputation de l’école des Marolles. Cette cohérence esthétique se prolonge jusque dans le bigarrement des couleurs évoquant le Carnaval qui témoigne de la richesse culturelle des régions de Belgique : le damier rouge et blanc des fanions, le bleu profond de la royauté et le doré des ornementations de la maroquinerie du Mont-Noir. Ces apparats rehaussent le roux des cheveux et l’éternelle pâleur discrète des portraits de l’art flamand.
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