vendredi 15 juillet 2016


les cheveux de Gustave sont un buisson et son regard est perdu Gustave boit lentement le BPzoom dans un gobelet oriental acquis avec des points de station-service mais en verre tout de même Gustave s’accroupit pour boire au goulot de l’eau ou de l’orangeade en tout cas des bulles rapport au mélange air-essence Gustave prend le teint du soleil d’hiver et sa flamme vacille dans la brume assourdie

dimanche 3 juillet 2016



du quotidien Bartold est chauffeur de bus aveugle vérifier la validité des titres de transport ne lui pose aucun problème car le composteur émet très distinctement un TRUE majeur et un WRONG mineur la plus grande difficulté résiderait dans l’acquittement d’un titre non préalablement acheté mais Bartold n’a pas son pareil pour identifier dans le brouhaha des conversations le timbre sonore des pièces de monnaie jetées en vrac sur le plateau métallique c’est à cette compétence si particulière développée en compensation de sa cécité qu’il doit son poste de chauffeur de bus

samedi 4 juin 2016


de briques jaunes 4’14″ la musique s’annonce dans le corps qui réclame la fille replonge dans le noir du cuir achevant rubber ring le cirque de Saturne qui entre puis ressort du pavillon olivâtre reposoir des écailles imaginées plus vastes sur une bouche de gôuts comme la ceinture d’Etchevery les bas de laine d’Etchevery et les chaussures de l’Abbé Lemire qui arpentent la terre pour en extraire des couleurs

dimanche 22 mai 2016



de lumière le vent en pleine tête avec l’odeur du sel et de tout ce qui vit et qui meurt les pieds prennent racine dans le sable humide pour redonner son sens à tout ce vent et à toute cette eau les chaussettes de coton rose sont blotties dans la chaleur des baskets elles participent à la révolution il arrive que les orteils se coincent dans la jute d’un filet de pêche il y a du sang dans cette vitrine un film de sang sur les veines cette épée tue les fascistes une pouliche pisse sur la rigole de pavés une pouliche adossée au mur