vendredi 9 août 2024

Sneakers piscine avec du chlore chandail caniche qui change de couleur suivant la pression atmosphérique de Lourdes tour de cou de ducasse entre les esquelettes et les jeux de cartes coquines cheveux plaqués à l’eau sucrée découvrant sous les oreilles des taches brunes qui dessinent un pointillé vers le regard sans soleil de l’hiver sans Noël

lundi 5 août 2024

Pierre Allure roule vite il dévale l’ancienne route comme un maboule file entre les ferrures du pont des suicidés puis plonge dans l’eau noirâtre sans freiner son vélo qui n’a pas de frein les silures s’en fichent les silures ont l’habitude Pierre Allure a une corde attachée au cadre de son vélo elle est verte de vase comme l’amarre d’une barque il sacque dessus en trébuchant sur les herbes folles de la berge c’est pour tout ça qu’il promène constamment dans son sillage un parfum de fond de rivière avec ses long cheveux trempés collés à son visage illuminé

jeudi 1 août 2024

Cordyline fait la fière dans sa jupette en carton paraffinée bien calée sur la cuisse de sa maman qui la tient par les hanches de sorte qu’elle se dresse altière parée de ses plumes vertes ourlées de rose - ses innombrables orteils minuscules fouillent la terre d’Ermenonville parsemée de poils de biquette

mercredi 10 juillet 2024

pour fluidifier le tourisme olympique dans la capitale parisienne le comité dépêche des femmes fontaines Wallace la France gonflable chante ces femmes magnétiques et déchante des supporters insupportables Labiche en perd ses jarretelles - le bonnet frigide et le clitoris en peluche sont l’émail diamant et la face charbonnée de la lune - le chevalement est monté sur escarpins vernis beiges il a la peau diaphane du poulet déplumé les parures dorées et la braise ardente d’Erzulie Zieux-Rouges

 

jeudi 27 juin 2024

accompagner la révolution naturelle de la société nationale des bétaillères en plastique – se munir d’une poche de terre constellée de semences de lierre – le lierre est doux au toucher et frais à l’atmosphère il ne portera pas atteinte au confort des voyageurs – saupoudrer la terre ensemencée dans chaque rainure encoignure et à l’aplomb des parois et dans le fond des surplombs où l’on se cogne régulièrement la tête – se diriger ensuite vers les commodités pour s’y rincer les mains à l’eau non potable – remplir tout de même sa gourde non pour y boire l’eau au goulot mais pour en arroser la terre mouchetée de vie – chantonner pour accompagner les premiers soubresauts de la morphogénèse qui se met en branle – arroser tout partout abondamment puis se reposer comme au 7èmejour en s’émerveillant du monde accompli qui défile en travelling dans l’écran de la vitre sécurit – renouveler la manœuvre à chaque voyage dans chaque région de France pour nationaliser cette révolution tropicaliste – la semence ne tarde pas à devenir fruit ainsi le lierre par les interstices s’immisce dans la machinerie s’enroule autour des essieux pour ralentir la turbine – la poussée de combustible des racines arrache les fauteuils en plastique du bas de caisse en linoleum – pour laisser libre cours à la nature rampante les banquettes grises sont remplacées par des hamacs qui épousent naturellement le roulis du voyage – les contre-danseurs et contre-danseuses tombent leurs uniformes de tergal pour des bikinis et chapeaux de paille d’Italie – c’est l’avènement de la paix sociale

samedi 8 juin 2024

ce temple borné de cloisons de verre est cisaillé de plateaux qui communiquent au moyen de tapis roulants ascensionnels et descensionnels - c’est un autel sensationnel pour les souris Maus de tous âges et de toutes conditions – un glissement de terrain provoquerait l’effilochement du légo et l’égo dégorgerait son polystyrène - les légos sont empilés du sol au plafond derrière la paroi du bénitier des amphibiennes posthistoriques - plus loin un aquarium tapissé d’algues en plastiques vert hurle dans l’attente du messie avec un petit trou au-dessus de sa grosse tête ronde pour faire des bulles – des basses veloutées s’échappent d’un musée liturgique moquetté de rouge aux murs garnis d’un soulier par-ci un soulier par-là comme les étagères d’une bibliothèque apple-store pour prolétaires – c’est ici que s’élabore la messe du temps présent entre les auréoles de soda et les chewing-gum abandonnés dans les recoins sous les néons crus d’une discothèque défeutrée par le matin – l’enfermement n’est que l’apparence qui a dicté l’édification de ce temple où les âmes s’immiscent pour s’accrocher et croître sur l’immobile comme du lierre

mercredi 22 mai 2024

Mad Max n’est pas si fou que ça il fait des cascades il casse des gueules et des voitures mais il ne fait que nager dans l’eau de son bain - ce n’est pas la même chose pour Madeleine ses collègues parlent de jantes lustrées et de culbuteurs à la sortie du garage Madeleine n’est pas à sa place et ça pourrait suffire à la rendre meshuge elle ne dit rien comme si elle attendait le bus - quelle ligne emprunte-t-elle pour se rendre au supermarché - de son tote bag imprimé de jaune et de rose pointe le goulot d’une bouteille de bière modernement traditionnelle car c’est vendredi - sur le tapis roulant en caoutchouc gris des morceaux de viandes rouges dans l’os une déchirure dans le blue jean délavé de son épaule droite l’habit serait-il relié à la chair par le fil invisiblement tendu d’un cerf-volant - il s’agit d’une illusion parce que l’œil de Madeleine n’est pas poché et parce qu’elle porte des baskets à scratch - et puis elle s’en va comme la fin d’une chanson de Daniel Darc