La jungle urbaine est peuplée de divinités qui entrent et sortent de façades enluminées. Les pierres sont comme frappées de la petite vérole, grignotées par les pluies acides qui agissent comme des nuées de moustiques. Les enluminures qui recouvrent ces pierres sont faîtes d’un film d’or extrait des bas-fonds dont le soleil révèle l’éclat en tombant du ciel. C’est au centre de cette dualité mystique que les divinités entrent en scène. Particules d’Éos, elles émergent des flots en rampant sur le sable comme Raquel Welch. Issues de cet état intermédiaire entre le cristal concassé par le poids des temps et les volutes qui constituent l’éther, elles bénéficient, de ce fait, de la plus incontestable neutralité ici-bas. Et c’est avec la chevelure fraîchement humide qu’elles déambulent sur les trottoirs sous les regards ébahis des terre-à-terriens.
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