lundi 13 juillet 2026

À l’origine le soleil jaune jaillit du sombre des abysses en une ligne continue traçant sa route sur le dos du serpent noir. En franchissant le miroir de l’océan, le néoprène se fait satin teinté de toutes les nuances vives des profondeurs marines, comme le short de Wonder Woman, bleu imprimé d’étoiles de mer. Les vers à soie qui se gorgent de mûres dans un bassin artificiel ne sont pas capable d’une telle prouesse. Lorsqu’elle atteint la tête du serpent, la ligne jaune suit le tracé de sa langue et emprunte deux directions : la branche claire est le retour à la terre forcé par l’été à cinquante degrés qui fait bouillonner l’asphalte. Cela prend la forme du skaï le long des jambes de la pomponette Olivia Newton-John, la moderne incarnation du goudron et des plumes. La branche sombre de la langue darde son aiguille dans un hall à colonnades sous le lustre à pampilles suspendu au plafond haut par une chaîne aussi longue que celle d’une ancre de marine. C’est ici que le tulle noir pend depuis l’infini jusqu’au néant sans parvenir à entraîner dans sa chute les hémisphères célestes qu’il se contente de caresser de sa nuit textile pour souligner la complexité des convexités. C’est ici que les sourires étincellent de paillettes, de gloss et d’émail blanchi aux bulles de champagne.

 

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