L’immersion dans les listes est propice aux apparitions. Les lettres emmêlées forment des boucles que le flou patine en vaguelettes et c’est sous cette surface de brume qu’ondulent les contours d’étoiles de mer dans leur bain de soleil turquoise. Cette surface de flottaison est le rideau des ellipses, le reflet du miroir qui expose au temps qui passe et au lointain espace d’où surgissent les valises à roulettes remplies de Maroc et de bassin parisien avec ces visages, ces coiffures et toutes ces mises qui sont d’ailleurs. Au-delà de la conscience chromatique, les couleurs criardes témoignent peut-être de l’époque où ces photos ont été prises, une époque qui avait cru en finir avec le doute, une époque figée dans sa gélatine comme les plats en sauce qui défilaient au fil des pages du livre de recettes SEB. Un nom résonne soudainement comme un tintement et ce n’est pas la chanteuse oubliée qui se matérialise en pieds de l’autre côté du comptoir, mais l’incarnation d’un rêve précoce, juste avant qu’elle ne foule la moquette nicotinée des plateaux-télé.
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