samedi 24 octobre 2026

On n’y prête pas attention quand on les longe chaque jour mais avec le temps, les façades s’élargissent comme les visages pour lisser la peau qui se plisse au fil des années. C’est sur les marches de pierres bleues qu’elle se tient pour son allocution d’adieu masquée par le rouge de ses lèvres. Parmi les amis qui ignorent son projet se trouve celui qui voit la ville s’éloigner depuis le pont d’un bateau. À défaut des yeux qui s’embrassesseserrent, sa solitude est réconfortée par la caresse chaude des autres épaules déménageuses du matin gris. Son secret trouvera peut-être sa place dans un carton enrubanné de scotch, au contact du cahier de moleskine enluminé de phrases arc-en-ciel qui racontent l’appel de la forêt, le morse vibrant de sa clairière enchardonnée, les pieds tout doucement dans l’eau froide du ruisseau, l’espoir encastré dans un cockpit qui poursuit son vol au-delà des nuages, la danse immobile dans le soleil matinal de la cuisine. L’au revoir est une tortue millénaire qui s’enfonce lentement dans les herbes folles bordant le lac.

 

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