à quoi donc est Gustav quand il peint tous ces
noirs et tous ces dorés explore-t-il le contraste entre la réflectivité et la polarisabilité
de la matière est-il dans la remembrance d’une noblesse primitive colorée des
binaires de la nuit et du soleil ou s’abandonne-t-il dans la contemplation de la
beauté lusitanienne
vendredi 18 mai 2018
samedi 12 mai 2018
le vent est frais et l’humidité finira peut-être
par percer les couches de drap si l’on traîne jusqu’au mardi aurore sur le
plateau un enchevêtrement d’allumettes comme les arrêtes de poisson sous la
ville de Lyon tous les stades de l’évolution défilent avant l’heure du loup il
y a du cul de jatte en turbulette sur les lattes du simili-parquet puis du
pipi-caca-prout à faire trembler le banc public des amoureux puis juste avant
la levée du jour c’est la peau de la nuit qui tombe pour nous envelopper enfin
dans ses bras de grande nounourse
l’écho de leurs voix s’allonge à mesure que l’on
descend dans la nuit comme dans un puit pour se préserver de l’urine des yeux
du monde de nombreuses étoiles semblent suivre le même chemin avec plus
d’appétit encore qu’en réalité elles ne font que converger vers l’île de
lumière encerclée de son réseau de bretelles d’accès avec ses façades
lumineuses intrigantes qui se dressent comme des jambes il faut bien
reconnaître un caractère féérique à cette vision d’immensité qu’est le downtown
Les Anges avant l’heure du loup mais le temps presse et la vie est ailleurs
au-delà de cette île aux enfants de fantastique fantaisie que l’on laisse sur
la gauche et qui disparaît aussi brutalement qu’elle est apparue alors la route
devient plus étroite le temps se repose les voix retrouvent l’écho qui leur est
juste et les étoiles ne filent plus la sérénité semble s’installer dans le
confort d’un faubourg cossu avec ses enseignes faiblement clignotantes comme
par réflexe et ses trottoirs vides de toute activité et de tout déplacement
c’est la nature en pleine ville en contemplant les façades étroites et leurs
ramifications de branchages en fonte on perçoit l’aspiration de la forêt et la
présence des arbres qui soufflent leur haleine fraîche et humide au creux des
nuques on peut stationner devant la porte du garage sans risque d’écraser les jambes
des riverains qui ne dorment pas dans le caniveau le code d’accès à la porte
d’entrée est inscrit dans la pression du doigt qu’il faut répéter de manière
saccadée comme du morse jusqu’à ce que ça fonctionne l’escalier puis le palier
du premier avec la porte entrouverte la robe couleur de temps change suivant le
climat des saisons mais invariablement l’alcôve du salon est éclairée par le
sourire de la grande sœur d’Amérique
samedi 21 avril 2018
dans le train il faut choisir la bonne voiture c'est celle qui s'arrête face au petit quai de la petite gare de la petite ville perdue dans les champs c'est à ce moment que le cœur s'ouvre sur une gouache poussiéreuse qui interrogera les générations à venir le train longe un canal qui traverse la Belgique pour rejoindre l'Escaut qui se vide dans la mer non loin des Pays-Bas laissant partir le train vers l'Allemagne au p'tit matin au p'tit gris le froid remonte du percolateur de terre charbonneuse comme l'homme remonte de la grenouille
Inscription à :
Articles (Atom)