dimanche 19 janvier 2025

les fétus de paille sont la pluie du soleil accumulée tout au long de l’été ils sont des rayons cassés comme des spaghettis et regroupés dans un recoin de désert jaune séparé de la civilisation par une palissade de béton c’est ici que l’on s’imagine gisant écrasé de chaleur et immobilisé par une plaie ouverte au flanc droit le bégaiement du projecteur crachote des morceaux de souvenir sur l’écran blanc du ciel le tee-shirt rouge de la gamine et sa moue hésitante à l’approche de la bouche de Guillaume le cirque de ballots qui flamberait au moindre mégot inadvertant le trottoir oblique en face du cimetière que l’uréthane translucide avale avec juste un petit soubresaut sous la plante des pieds le plancher du grenier ou l’on effeuille en silence des magazines illustrés retraçant les exploits d’Alain Bombard une voiture vient de se taire à l’orée du désert l’ombre d’une brindille découpe l’horizon sa silhouette se précise dans le rideau à franges du soleil elle trébuche sur les mottes de terre déséquilibrée par son vanity case grand comme une glacière elle en sort un nécessaire élémentaire de nettoyage épidermique par le trou de serrure des yeux ouverts sur le monde on voit des firloupes grises qui semblent s’être déchirées de ses Stan Smith rappées et un pauvre tricot bleu marine qui protège le menu de son corps de la voracité de l’été ses doigts d’araignée filent d’un geste consciencieux le printemps fauché par la pandémie il se forme au-dessus de son masque chirurgical des liaisons de soie pendantes qui embuent son regard au crépuscule

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