Le vestibule est en travaux depuis plusieurs semaines et c’est pénible. Il faut contourner l’accueil, monter puis redescendre des escaliers avant d’accéder à la l’espace claquemuré destiné à la pratique du yoga. Cela finit par effacer la mémoire de l’espace du bâtiment. Il subsiste néanmoins une brèche entre les cloisons de cette contrainte, un interstice où se faufiler. Il suffit de pousser un pan de placoplâtre, de faire frotter sa tranche sur une plaque d’égout empoussiérée. Ça ferait râler mais y’en a ras-le-bol. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le personnel de l’accueil se montre accueillant et cette intrusion ouvre de nouvelles perspectives. C’est ainsi que l’on redécouvre que la salle de yoga est adossée au vestibule et qu’il n’est plus nécessaire de monter à l’étage ni de redescendre l’escalier situé au bout du corridor. On y apprend par la même occasion que Pasolini doit donner un récital de chant en clôture de la séance de yoga. Pasolini est un homonyme du célèbre poète cinéaste, une sorte de comique troupier dont l’automate exposé dans le vestibule à des fins de réclame ressemble vaguement à Guy Lux. Arrivé sur place, on constate que la salle de yoga s’est vidée. La séance de yoga s’est achevée plus tôt que d’habitude, en prévision de l’intervention de Guy Lux Pasolini. Il semblerait que chacun(e) ait pris ses distances et que les personnes se soient discrètement dispersées à l’approche du tour de chant. On peut ainsi apercevoir la silhouette de Christian au large de la plage qui jouxte la salle de yoga se révélant comme un espace ouvert. Le ciel est bleu et la mer est calme. La présence de Christian au loin intrigue en raison de sa tenue de Ninja avec chapeau mongol et de son appétence pour les musiques qui ne semble pas faire grand cas du récital imminent de Guy-Lux Pasolini. On finit par percevoir le fin mot de l’histoire en discutant avec un yogi au torse nu décoré de longs colliers de perles. Guy Lux Pasolini serait en réalité un personnage non-grata, rapport au chien qu’il aurait percuté sur une route glissante sans jamais avoir eu à répondre de sa responsabilité dans ce drame de la circulation automobile.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire